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Une autre Argentine à découvrir

Publié le 22.02.2016 à 17h34 • Mis à jour le 15.12.2017 à 15h00 | Par Human Trip
Visite nocturne de La Manzana de las Luces (Buenos Aires)

Avez-vous jamais rêvé de visiter l'Argentine ?
Oui, bien sûr, et souvent !

Cet immense pays, d'une densité moyenne de 10,7 hab./km2, nous attire. Nous en avons de nombreuses images, toutes magnifiques, et nous savons très bien pourtant que notre connaissance reste superficielle. Il faut donc creuser un peu pour sortir des sentiers battus. Voici pour cela quelques pistes originales.

Consultez-les, faites votre choix et appelez-nous.

Grâce à sa démarche équitable d'économie durable et solidaire, l'équipe de Human Trip est là pour vous aider à réaliser un voyage à la carte, sur mesure, unique, éthique, à prix raisonnable, dans une Argentine authentique, que vous voyagiez seul, à deux, à trois, en couple, en famille ou en groupe (à partir de dix). Grâce à Human Trip, vous ferez en Argentine des rencontres humaines et des découvertes inoubliables. Au retour, vous pourrez dire sans mentir ni vanterie : "L'Argentine, je connais !"

Pour sa superficie, l'Argentine est le second pays d'Amérique du Sud.
Ce géant se compose de six régions :

  • la capitale fédérale (Buenos Aires),
  • les Pampas,
  • Cuyo,
  • la Patagonie,
  • le Noroeste
  • et le Litoral.

Chacune de ces régions a son histoire, ses particularités culturelles et géographiques et ses principaux points forts.

Depuis 1853, l'Argentine est une république fédérale. De nos jours, elle se compose de vingt-trois provinces et d'une ville autonome, sa capitale, qui jouit d'un statut d'entité fédérée. Elle compte 40 millions d'habitants pour un territoire de 2,792 millions de km2.
Depuis quelques années, pour ses productions agricoles élaborées (fromages, cidres, bières, vins, miels, yerba mate...), l'Argentine commence tout juste à développer des notions de terroir, ce qui implique une diversité qui varie selon l'année, le climat et le terrain. Toutefois, la stratégie la plus commune repose encore et pour longtemps sur un patrimoine de marques commerciales. Les plupart des produits finis sont donc standardisés, d'une qualité constante dans le temps et l'espace et en nombre réduit, en tout cas à nos yeux d'Européens.

Comparée à la plupart des pays jeunes, l'Argentine a une conscience affirmée de son patrimoine matériel et elle s'efforce peu à peu de le mettre en valeur. Sur son patrimoine naturel, elle est très en pointe. En témoignent les immenses parcs et réserves qui parsèment son territoire. Trente-huit d'entre eux dépendent de l'administration fédérale. Il en va de même du patrimoine immatériel, particulièrement vivant et soigné par les citoyens, artistes, artisans et intellectuels : musique et danse des villes et des champs, théâtre et cinéma, poésie et littérature, histoire et grands hommes, rites et coutumes, arts plastiques, apports européens et précolombiens... Tous particularismes dont les Argentins se montrent éminemment fiers.

Région par région, voici ce qu'il faut ne surtout pas manquer pour apprécier le pays. De quoi entreprendre plusieurs voyages ou occuper une longue année sabbatique...

 

Buenos Aires à voir et à vivre

La capitale fédérale a été fondée en 1536, abandonnée au bout de quatre ans face à l'hostilité des premiers habitants des pampas puis à nouveau fondée, définitivement cette fois, en 1580, par Juan de Garay et ses compagnons qui descendaient du Paraguay vers une étrange mer d'eau douce (Mar Dulce), le Río de la Plata.

Après sa victoire à Trafalguar, la Grande-Bretagne tente de s'emparer, à deux reprises, en 1806 et en 1807, du vice-royaume du Río de la Plata en attaquant sa capitale. Les Portègnes repoussent ces deux Invasiones inglesas, sous la conduite d'un officier de marine français, Santiago (Jacques) de Liniers (1753-1810). Ils veulent reprendre le cours de leur vie mais en Europe, Napoléon envahit l'Espagne (1808) et l'Amérique latine refuse de passer sous sa coupe. La tension monte et en mai 1810, le peuple et les notables se soulèvent contre l'Ancien Régime. La vice-royauté est abolie le 25. C'est la Révolution de Mai (Revolución de Mayo) qui aboutira, six ans plus tard, à la déclaration d'indépendance (9 juillet 1816).

Buenos Aires, aujourd'hui, c'est près de trois millions d'habitants et une superficie de 200 km2 (14 451 hab./km2)*. C'est la plus forte densité humaine du pays, loin devant la province de Tucumán (64,3 hab./km2) et celle de Buenos Aires (50,8), dont la capitale fédérale est séparée.

En fréquentant les mêmes lieux que les Portègnes et en tournant le dos aux circuits du tourisme commercial, vous découvrirez le vrai visage de cette ville et vous en tomberez amoureux.

* A titre de comparaison, la densité moyenne à Paris est de 21 258 hab./km2, à Marseille de 3 543, à Bruxelles de 5 322 et à Genève de 12 422.

Musique, musées, histoire... Bref : la culture

La Ville, la Ciudad comme l'appellent ses habitants, dispose de 160 musées, consacrés à l'histoire nationale et municipale, aux mœurs et à la vie quotidienne, à la musique, aux sciences, à l'immigration, au cinéma, au théâtre et aux beaux-arts, avec des peintres de grand talent que nous ne connaissons pas. Citons en quatre : Prilidiano Pueyrredón (1823-1870), premier peintre de la Pampa et des faubourgs de la Ciudad, doublé d'un excellent portraitiste, Ernesto de La Cárcova (1866-1927), Antonio Berni (1905-1981) et l'anarchiste Benito Quinquela Martín (1890-1977), qui a peint le port de La Boca et la métallurgie dans un jaillissement de couleurs. Buenos Aires offre aussi un intense tissu de cafés, salons de thé et petits restaurants de quartier qui, la nuit, accueillent à la bonne franquette des soirées musicales joyeuses, que ce soit du tango argentin, du rock nacional (chanté en espagnol), du jazz ou de la murga (chanson engagée, caustique et loufoque, caractéristique du carnaval).

Tout au long de l'année, Buenos Aires propose toutes sortes de festivals : cinéma, jazz, danse, tango, cuisine et gastronomie, salon du livre, etc...

En février, tous les week-ends, avec un pic d'activités pendant les quatre jours fériés qui précèdent le carême (du dimanche au mardi gras), c'est le carnaval, avec ses groupes traditionnels, les comparsas et les murgas, qui défilent bruyamment, dans des costumes chamarrés et des maquillages de cirque, avec la musique murguera en tête.

Dans différents quartiers, dans les ateliers des peintres, vous pourrez vous initier au fileteado, un art décoratif typiquement portègne, récemment inscrit au Patrimoine immatériel de l'UNESCO. A La Boca, nous vous proposons aussi de rencontrer quelqu'uns des artistes qui animent la vie culturelle de ce quartier très populaire, marqué par l'immigration italienne et une riche tradition ouvriériste et anarchiste.

Vous dansez le tango ? Alors lancez-vous sur la piste de l'une des nombreuses milongas du Centro ou des quartiers périphériques, l'après-midi (18h-22h) ou la nuit (22h-4h). Avant que vous ne quittiez l'Europe, votre professeur vous aura initié aux codes fondamentaux : les hommes d'un côté de la piste, les femmes de l'autre, le cabeceo du danseur pour inviter une danseuse assise à l'autre bout de la salle sans échanger un seul mot et surtout le mouvement élégant, modeste et précis qui respecte l'espace des autres couples... En journée, un vaste choix de professeurs attend votre visite, du cours particulier au cours collectif ouvert. Sans oublier les chausseurs spécialisés dont les vitrines, décorées comme des arbres de Noël, bordent quelques rues de l'Abasto, près du Museo Casa Carlos Gardel.

Espaces verts

Ce ne sont pas les espaces verts qui manquent, que ce soit la Réserve écologique gagnée sur le Río de la Plata ou les parcs et jardins des quartiers de Palermo, Flores ou Saavedra.

Droits de l'Homme

Buenos Aires est une capitale marquée par la lutte pour les droits de l'homme et par une série de dictatures, de 1930 à 1983. Les associations militantes, le plus souvent féminines, comme les Mères (Madres) et les Grands-Mères (Abuelas) de la Place de Mai, sont toutes rassemblées à Palermo dans ce qui fut un domaine de la Marine où l'on a torturé sous le dernier régime militaire (1976-1983). Le gouvernement de Cristina Kirchner (2007-2015) et ces associations en ont fait un vaste campus culturel qui célèbre la création et la liberté !

Promenades

C'est à pied qu'il faut parcourir la capitale argentine. C'est en y flânant qu'on découvre les marchés couverts et les coopératives d'artisans. Dans une confitería (café-salon de thé), on s'arrêtera pour manger sur le pouce. Au fil des pas, on entrera dans une église, la vieille San Ignacio, la barroque Santo Rosario qui porte fièrement ses cicatrices de guerre (depuis une canonade britannique en 1806) et qui exhibe, dans la chapelle de la Vierge du Rosaire, les bannières prises au corps expéditionnaire écossais, la toute petite cathédrale qui abrite l'immense tombeau du Père de la Patrie, le général José de San Martín (1778-1850), l'imposante basilique San José de Flores où le pape François a reçu sa vocation, le très prolétaire sanctuaire San Cayetano de Liniers ou l'église-bijou de San Carlos où l'actuel évêque de Rome a été baptisé le jour de Noël 1936. De temps en temps, il faut s'asseoir pour savourer un café avec une medialuna, le temps de consulter le plan pour décider la direction à prendre pour poursuivre la balade.

Excursions extérieures

A cent kilomètres à la ronde, Buenos Aires offre un beau choix d'excursions :

  • Luján, ville tout à la fois mariale, révolutionnaire et populaire, avec sa grand-place coloniale intacte, sa Casa del Virrey hantée par le souvenir de Liniers, ses musées, ses attractions foraines, sa promenade sur les rives du Luján, sa basilique néogothique à façade saumonée... Les fêtes de la Semaine Sainte y sont réputées ainsi que toutes les fêtes mariales, dont les pèlerinages à cheval auquel participent des gauchos en provenance de tout le pays
  • Tigre, coquette bourgade résidentielle dominant l'embouchure du río Luján, avec ses activités nautiques, ses magnifiques hôtels construits par les riches investisseurs britanniques des années 1880-1920 dans le style colonial des Indes, ses glaciers artisanaux et son musée du mate...
  • San Isidro et sa Chacra-Museo Brigadier General Juan Martín Pueyrredón dédiée au père, Juan Martín Pueyrredón, premier chef d'Etat élu de la future Argentine (1816-1819), et à son fils, Prilidiano Pueyrredón (1823-1870), tout à la fois pionnier de la peinture nationale et ingénieur-architecte, formé à l'Ecole Polytechnique de Paris en 1845. C'est lui qui dessina à Olivos l'actuelle résidence de campagne des chefs d'Etat (1848),
  • les promenades fluviales dans le Delta du Paraná, d'où l'on gagne Buenos Aires en navette nautique
  • la visite de La Plata, la capitale provinciale, candidate au Patrimoine culturel de l'Humanité, sa cathédrale néogothique, son parc thématique pour les enfants (La República de los Niños) et son modeste port de pêche de plaisance, Punta Lara, au bord du Río de la Plata...

 

Les Pampas à voir et à vivre

Les Pampas, dites aussi el Centro, rassemblent les provinces de Buenos Aires, La Pampa, Córdoba et Santa Fe (du moins, le sud de celle-ci).
Traditionnellement, c'est le royaume des bovins, des chevaux et du blé dans ce qu'on appelle là-bas las llanuras, ces plaines qui s'étendent à perte de vue, avant de butter sur les montagnes de Córdoba, à l'ouest. C'est encore plus plat que le Plat Pays de Jacques Brel !
Vous avez du mal à nous croire ? On vous comprend. Allez-y voir : on ne vous ment pas !

Sites historiques et hauts-lieux de culture

  • Mar del Plata (Prov. de Buenos Aires), sur la côte atlantique, la ville natale du rénovateur du tango, Astor Piazzolla (1921-1992). A voir : sa plage immense, la plus fréquentée du pays de décembre à mars, son port, le plus important du pays (rade militaire, port de plaisance, port de pêche de petits bateaux et de gros tonnage, port industriel et commercial), ses morses qui se prélassent sur certains quais et dans quelques criques, son tout récent vignoble et, en novembre, son très prisé festival international de cinéma
  • Bahía Blanca (Prov. de Buenos Aires), un peu plus au sud, autre ville balnéaire qui vit naître un autre grand du tango, le compositeur et pianiste Carlos Di Sarli (1903-1964). Moins fréquentée que Mar del Plata, plus au sud, plus fraîche, elle fourmille de petites criques tranquilles, même en été. Ces ports atlantiques savent traditionnellement cuisiner les produits de la mer, à côté de la viande tout aussi présente ici qu'ailleurs.
  • San Pedro, Vuelta de Obligado (Prov. de Buenos Aires) : lieu historique d'une célèbre bataille fluviale, qui opposa, le 20 novembre 1845, autour de la navigation intérieure, la Confédération argentine à une flotille anglo-française. Malmenés par la canonade ennemie, les Anglo-Français remportèrent une victoire à la Pyrrhus : l'échec commercial de leur expédition et les dégâts matériels infligés à leur flotte les contraignirent à négocier la paix.
  • San Lorenzo (Prov. de Santa Fe) : le plus prestigieux champ de bataille de la Révolution de Mai (3 février 1813), où l'on célèbre l'audace du général José de San Martín (1778-1850). Le couvent franciscain (el convento histórico) a abrité les troupes patriotes. Les quelques révolutionnaires qui trouvèrent la mort au combat y sont enterrés, comme Juan Bautista Cabral, simple grenadier originaire de Corrientes, dans le Litoral, sans doute de l'ethnie m'byá, dont la vox populi a fait un sergent. Chaque 3 février, les célébrations sont hautes en couleur, grâce aux démonstrations équestres du régiment des Grenadiers à cheval, prestigieuse unité qui honore son fondateur en reproduisant la charge qui lui assura une victoire éclair. Les bourgades alentour portent les noms de héros de l'indépendance : General San Martín, Fray Luis Beltrán, Granadero Baigorria, Capitán Bermúdez. San Lorenzo est située à une vingtaine de kilomètres au nord de Rosario.
  • Rosario, capitale culturelle et économique de la province de Santa Fe, posée sur la rive droite du Paraná : c'est là qu'est né le drapeau national en 1811 sur l'initiative du général Manuel Belgrano (1770-1820), dont le souvenir est fêté chaque 20 juin. La vie artistique de cette ville est foisonnante. La musique en est la clé.
  • Rafaela (prov. de Santa Fe) est connue pour son festival de théâtre, tous les ans à la mi-juillet, avec près de 70 spectacles sur une semaine et environ 20 000 spectateurs venant de tout le pays.
  • Santa Rosa, capitale de la province de La Pampa, d'où vous pourrez rayonner dans toute la région, célèbre pour ses fromages, sa viande, ses vastes étendues de pampa humide, propice à l'élevage, et de pampa sèche, où se déploient une faune et une flore sauvage d'une grande richesse.
  • Córdoba, capitale de la province homonyme, une des plus anciennes cités coloniales du pays, avec son université, fondée en 1613, sa cathédrale barroque, son festival du chevreau et de l'artisanat (Festival del cabrito y la artesanía) où tout est prétexte à musique, à danse et à bombance (fin janvier).
  • La province de Córdoba offre une route des vins (caminos del Vino) avec visite d'exploitations, une route gastronomique avec cours de cuisine et dégustations, un circuit historique dans les Estancias Jesuíticas, inscrites au patrimoine de l'Humanité, grandes propriétés agricoles grâce auxquelles la Compagnie de Jésus développa la région (comme les monastères dans l'Europe médiévale) et surtout à Alta Gracia, son musée national de la Estancia Jesuitica y Casa de Liniers. C'est là que l'avant-dernier vice-roi Santiago de Liniers avait trouvé refuge après sa révocation, en 1809, quelques mois avant que n'éclate la révolution. Pour s'être révolté contre celle-ci, il fut condamné à mort et fusillé à Córdoba (sur lui, cf. Buenos Aires). La même ville propose aussi un musée consacré à Ernesto "Che" Guevara.

En dehors des villes

Randonnées à pied, à cheval, en vélo ou en voiture (mais c'est plus polluant) dans toute la région. Dans les zones agricoles de Santa Fe, il faut se montrer prudent. C'est la première province productrice de soja, une culture extrêmement polluante en Amérique du Sud car les semences transgéniques imposées par les grands semenciers sont dépendantes d'épandages à grande échelle de très puissants pesticides, produits par ces mêmes semenciers.

Pêche, observation ornithologique, découverte de la faune et de la flore dans plusieurs réserves de vie sauvage, qui sont autant de parcs tantôt nationaux, tantôt provinciaux, dans les quatre Provinces

Partout, équitation, polo et golf

Coopération et échanges avec des communautés locales dans un esprit d'économie durable et d'échanges solidaires (écoles, dispensaires, travail agricole et artisanal, etc.) dans l'ensemble du Centro.

Nautisme et navigation fluviale, surtout dans le delta du Paraná (río Luján, río Tigre...)

Thermalisme, détente et gastronomie dans le sud de La Pampa avec visite des salines toute proches

Séjours dans des haciendas, avec ou sans initiation au mate (infusion nationale) et à l'asado (barbecue géant), hébergement sous la tente dans un camping ou un bungalow viabilisé (cabaña)

Trekking en montagne à Córdoba

Visite de la colonie ménonite La Nueva Esperanza, à 40 km au nord de Guatraché (La Pampa) : cette communauté religieuse, issue de la Réforme au XVIe siècle, a gardé un mode de vie d'avant la révolution industrielle. Ses 1.300 habitants, installés là depuis 1987, produisent du fromage, des meubles et des chariots à traction animale. Ils accueillent bien volontiers les visiteurs accompagnés par un guide autorisé, de préférence le vendredi ou le samedi, à mi-saison. Aucune photo sans l'accord formel des habitants.

Festivals de musique de la province de Córdoba : le tango à La Falda à la mi-juillet pendant une semaine, et tout le folklore argentin à Cosquín, fin janvier.

Stage vitrail à Córdoba chez un artiste-verrier bilingue français-argentin

Pèlerinage à Villa Cura Brochero et Villa Santa Rosa de Río Primero (Prov. de Córdoba), à la découverte du Cura Gaucho, José Gabriel del Rosario Brochero (1840-1914), infatigable prêcheur et bâtisseur d'églises dans ces montagnes alors très enclavées. Sa canonisation doit avoir lieu à Rome, à l'automne 2016. Tous les ans, du 16 au 26 janvier (date de sa mort), Villa Cura Brochero propose la Semana Brocheriana, une dizaine de jours d'exercices spirituels institués et animés par le diocèse (Cruz del Eje).

Dans leur étendue, qui n'existe pas en Europe, et leurs particularités géographiques et climatiques, entre pampa humide, pampa sèche et reliefs montagneux, ces paysages sont idéaux pour les artistes qu'ils s'adonnent au dessin, à la peinture, à la photographie, à la vidéo ou au cinéma.

 

La Patagonie à voir et à vivre

Avec ses cinq provinces, Neuquén, Río Negro, Chubut, Santa Cruz et Tierra del Fuego*, la Patagonie est la plus australe des régions habitées du globe. C'est une combinaison harmonieuse, tantôt verdoyante, tantôt aride, de lacs, de rivières, de montagnes, de vallées et de steppes à perte de vue.

Bien que l'histoire de la région soit très récente, la présence humaine est attestée depuis des millénaires. La Patagonie n'est entrée dans le récit national qu'au milieu du XIXe siècle lorsqu'elle est devenue le dernier refuge des Mapuches qui avaient déjà fui le Chili dès le XVIIe siècle. Cette vaste région leur réservait un sort funeste quand Buenos Aires décida de l'intégrer pleinement à la République argentine pour interdire toute revendication ultérieure du Chili sur ce sud profond. Les Mapuches s'opposèrent à cette nouvelle avancée des chrétiens sur le continent. Le carnage qui s'ensuivit est resté dans l'histoire sous le nom de Campaña del Desierto.

A l'extrême pointe du continent, se trouve cette Terre de Feu qui fait tant rêver les Français à cause d'une émission de télévision devenue ligne de produits de beauté mais pour les Argentins, elle est surtout synonyme de bagne puisqu'à partir de 1896, elle a abrité le terrible pénitentier d'Ushuaia (prononcez Ouçouhaïa).

Aujourd'hui, la Patagonie argentine est un moteur économique du pays : c'est le royaume du pétrole, de l'élevage ovin (laine, lait et viande renommée) et du tourisme (sports d'hiver dans les Andes, à San Carlos de Bariloche, et grandes réserves naturelles, terrestres et marines).

Le réchauffement climatique menace les magnifiques glaciers, dont le spectaculaire Perito Moreno. Les voyageurs Human Trip adopteront donc un comportement responsable afin de préserver ces milieux naturels uniques au monde.

* Il est fréquent d'intégrer dans la Patagonie le sud de La Pampa ainsi que l'extrême sud de Mendoza, autour de Malagüe.

Que faire en Patagonie ?
Quelques suggestions...

Insolite

18 km à travers la steppe aux mille couleurs, à bord du Viejo Expreso Patagónico, affectueusement surnommé La Trochita. Au milieu du XXe siècle, cette voie reliait Río Negro et Chubut. Elle se réduit désormais à un tronçon touristique entre Esquel et Nahuel Pan, dans le nord-ouest de Chubut. Le train à vapeur, tiré par une locomotive toute noire datant de 1922, circule les mercredis et samedis matin en été (de décembre à février) et le samedi matin en hiver (juin-septembre). A Nahuel Pan (Jaguar Pain, en hispano-mapuche), visitez le musée des Cultures originaires et l'atelier d'artisanat de la communauté mapuche-tehuelche. Sur le retour, dans la voiture-bar, vous apprécierez un chocolat chaud avec les Argentins qui profitent eux aussi de l'été pour découvrir leur immense pays. Prévoyez une petite laine : notre tortillard en bois n'est pas chauffé et au départ, l'air frais du matin descend des montagnes couvertes de neiges éternelles. Sur le coup de midi, à votre retour, le soleil peut taper très fort...
Il existe un autre petit train touristique en Patagonie, celui qui desservait le bagne d'Ushuaia et qui vous permet de faire un petit tour aux abords de la capitale de la province de Tierra del Fuego... Très joli. Une partie du matériel vient d'être rénovée (février 2016).

Classique

La péninsule de Valdés, ses baleines franches et ses pingouins de Magellan...

De juin à décembre, du plein hiver à l'été, les cétacés se laissent observer au large de Puerto Madryn. Il faut prendre le bateau, s'arnacher de pied en cap pour la sécurité et contre le froid et ne pas redouter les vents furieux qui soufflent entre le continent et l'archipel des Malouines.

De septembre à avril, du printemps à l'automne, on peut observer les pingouins : dans les sables de Punta Tombo, ils viennent se reproduire et élever leurs petits. Promenez-vous discrètement, sans empiéter sur leur vie privée. Peu craintifs, les oiseaux n'hésiteront cependant guère à se dandiner à votre rencontre. Gare à leur bec : l'objectif de votre appareil photo pourrait en faire les frais si vous le laissez à leur portée.

Retour à Puerto Madryn qui, pendant l'été austral, porte très haut son titre de Capitale nationale de la navigation de plaisance (Capital Nacional del Buceo). Mais plaisancier ou non, rien ne vous empêchera d'y déguster un agneau au barbecue, l'une des spécialités locales avec le poisson et les crustacées, puis de vous éloigner un peu de la ville pour passer quelques jours au calme, dans une estancia, loin de la pollution lumineuse. La Croix du Sud veillera alors sur votre sommeil dont les oiseaux vous tireront en douceur à l'aube (attention : l'été, la nuit est très, très courte).

C'est à 67 km de Puerto Madryn que vous renouerez avec l'inédit, à Trelew, la ville fondée en 1886, en territoire tehuelche, par des Gallois en quête de liberté religieuse, ou à Gaiman, sa voisine, un peu plus loin sur le cours du Río Chubut : Trelew abrite le petit musée de paléontologie Edigio Feruglio consacré aux gigantesques Tiranotytan et Argentinosaure, qui ont laissé dans ces terres de colossaux fossiles. La ville porte aussi dans sa chair le souvenir de l'exécution de prisonniers politiques en 1972, fusillés quelques mois avant l'éphémère retour au pouvoir de Perón (1973-1974). A Gaiman, vous profiterez d'un des salons de thé qui réinterprètent dans les latitudes australes la tradition de Cardiff.

Frisquet

Depuis Ushuaia, palette d'excursions de quelques heures à plusieurs jours dans l'archipel de Tierra del Fuego : à travers le Canal Beagle, vers l'île aux Oiseaux (Isla de los Pájaros), l'île aux Loches (Isla de los Lobos), le phare Les Eclaireurs (en français dans le texte), les îlots Bridges et plus loin encore, l'île Martillo et même le Cap Horn.
De novembre à mars, vous pourrez embarquer pour l'Antarctique argentin.
Emotions fortes garanties.

Géant

A El Calafate (Santa Cruz), vous attendent le très vieux glacier Perito Moreno et le très récent Glaciarium, brillant centre culturel consacré à la glaciologie, bâtiment ultra-moderne entre toundra et lac. Après cette visite inoubliable, vous descendrez prendre un verre au GlacioBar Branca. Dans un décor de glace et une confortable température de... -10° C !
Un peu plus au nord, un peu plus au chaud, accompagnés par un guide agréé, visitez la Cueva de las Manos (la grotte aux Mains), un site pré-tehuelche inscrit au patrimoine de l'UNESCO en 1999. Exemple d'art pariétal remontant à des milliers d'années, entre 13 000 et 9 500 ans avant JC. La ville la plus proche, Hipólito Yrigoyen, se trouve à 117 km. Toujours avec votre guide, parcourez les environs, à pied ou à cheval. Santa Cruz remporte la palme de la faible densité d'habitation avec une moyenne de 1,1 hab./km (Tierra del Fuego mise à part, car ses statistiques démographiques englobent la presqu'île, l'Antarctique et les îles désertes de l'Atlantique sud).

A Neuquén, prenez la Route des Dinosaures de Patagonie, qui rayonne autour de la capitale : le modeste musée Ernesto Bachmann, à Villa El Chocón, avec ses fossiles et ses 33 empreintes de sauropode, le musée Carmen Funes et sa collection complète d'originaux à Plaza Huincul (fossiles d'Argentinosaurus huinculensis), le centre de paléontologie de Lago Barreales, dit aussi Proyecto Dino, et ses activités pour la famille, dont une journée de travail à partager avec les paléontologues, la Cave du Dinosaure, propriété de la famille Schroeder, inventrice d'un fossile sur son domaine vinicole (dégustation incluse) et le musée municipal Argentino Urquiza, de Rincón de los Sauces, qui expose le Titanosaure le plus complet répertorié à ce jour. Enfin, vous irez admirer, à Añelo, les Petrosaurus, une paire de colosses réalisée par le sculpteur Carlos Regazzoni avec des résidus de l'industrie pétrolière locale.

Beaucoup plus au nord, à Malargüe (Mendoza), se prépare un autre centre consacré au Notocolossus Gonzalezparejazi, le plus grand dinosaure dont on ait jamais trouvé des vestiges (cf. Cuyo ci-dessous).

Et pour finir : des saveurs d'alpage...

Dans le sud de la Province de Río Negro, à San Carlos de Bariloche et à Colonia Suiza, des immigrants helvètes et germaniques ont adapté aux Andes leur riche tradition de charcuterie fumée, de bière artisanale et de... chocolat. De quoi refaire vos forces au soir du 15 août, après une belle journée de ski ou de luge, dans les hauteurs environnantes. Ou après une randonnée à pied ou à cheval, dans la vallée verdoyante et fleurie, une journée de farniente sur la plage lacustre ou une excursion sportive de kayak ou de rafting, à Noël, au Jour de l'An ou à l'Epiphanie, quand les enfants reçoivent leurs cadeaux des mains de Rois Mages grimés avec faste.

 

Cuyo à voir et à vivre

Cuyo, c'est le Far-West de l'Argentine. Plaine semi-désertique aux pieds des Andes et des monts cordobais, elle rassemble les provinces de Mendoza, San Juan et San Luis. Vignes, oliveraies, vergers et maraîchages à perte de vue, entrecoupés d'une garrigue épineuse et d'une activité d'élevage. A l'horizon occidental, toute la puissance de la cordillère avec son premier plan brun-gris et le second, couronné de neiges éternelles. Au nord, des massifs accidentés, des gorges et des pitons rocheux pour des randonnéees à pied de toute splendeur...

Lors de la guerre d'indépendance, ces trois provinces n'en formaient qu'une et elles ont joué un rôle crucial : c'est de là qu'est partie la libération continentale sous l'impulsion du général José de San Martín (1778-1850), el Padre de la Patria. L'épopée continue de vivre dans le cœur des Cuyains, dans les paysages et une multitude de sites historiques, dont ces provinces entreprennent peu à peu la mise en valeur (ce riche circuit sanmartinien fera l'objet d'une présentation à part).

Cuyo se distingue aussi par ses vins, son huile d'olive, son cidre (très sucré, la boisson de Noël), ses fromages et ses chevreaux, ses fruits et légumes, son miel et ses aromates, ses eaux minérales puisées dans les Andes (Ecos de los Andes, de Nestlé, et Villavicencio, de Danone, dont la source est entourée d'une splendide réserve naturelle dans la pré-cordillère).

La musique cuyaine vaut elle aussi le voyage : la tonada et la cueca en sont les emblèmes. Il faut aller sur place écouter ces chanteurs et les musiciens qui les accompagnent.

Chacune des trois capitales, qui ont donné leur nom à leur province, possède un musée des beaux-arts, un grand théâtre pour toute sorte de spectacles vivants ainsi qu'un ensemble orchestral. En février, San Juan fête le Soleil (fiesta del Sol). En mars, Mendoza, qui se proclame modestement Capital mundial del Vino, célèbre la Vendange (fiesta de la Vendimia) et c'est toute la province qui s'y met ! Dans les deux cas, une reine est élue : toute l'année, elle représentera sa province dans ses frontières et dans tout le pays.
En janvier, San Luis fait son Tour, une course cycliste internationale en sept étapes qui alternent le plat, la montagne et le tout terrain : en 2016, la fédération puntana de cyclisme a rassemblé 250 coureurs professionnels dont 148 ont franchi la ligne d'arrivée à San Luis, avec un vainqueur italien.

De grands personnages ont imprimé leur marque sur ces provinces :

  • A Mendoza, c'est José de San Martín qui domine, avec de très nombreux musées, sites et monuments, dans la capitale et partout dans la province.
  • A San Luis, c'est une pléiade d'écrivains locaux depuis 1800 jusqu'aux années 1950.
  • A San Juan, c'est Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888). Officier, homme d'Etat et de lettres, botaniste et grand voyageur, il contribua à développer l'agriculture en acclimatant des essences variées et fit progresser l'urbanisation grâce à des ingénieurs, des architectes et des paysagistes qu'il fit venir en Argentine. Sa maison natale est devenue un musée de la capitale provinciale.

Cuyo vous propose partout ses routes du vin et de l'huile (à elle seule, San Luis compte huit routes gastronomiques), ses routes sanmartiniennes à travers les Andes (six en tout), à parcourir à cheval ou en voiture, pour mettre ses pas dans ceux de cette mythique armée des Andes qui libéra le Chili le 12 février 1817, après trois semaines de haute montagne. Mendoza a encore deux autres spécialités : la tortita, excellente galette du petit-déjeuner et du goûter, et l'alfajor mendocino, qui accompagne le café, le thé ou le maté... Découvrez aussi le patrimoine huarpe, l'ethnie précolombienne à laquelle la région doit son nom : il se déploie du sud de Mendoza, dans la vallée d'Uco, autour des vestiges du fort San Carlos, jusqu'au nord de San Luis, dont les gorges orangées font la singularité de paysages exceptionnels. Le Qhapaq Ñan, antique route de l'empire inca, relie la Province de Mendoza à la Colombie : en Argentine, cette route commerciale, religieuse et militaire traverse Mendoza, San Juan, La Rioja, Catamarca, Tucumán, Salta et Jujuy. Un chemin millénaire à découvrir à pied, à cheval ou à dos de mule : 119 km ont été conservés sur le territoire argentin. Le Qhapaq Ñan a été inscrit au patrimoine de l'humanité en 2014.

Le sommet des Amériques est à Cuyo : le mont Aconcagua, dans le parc naturel du même nom, culmine à 6 962 mètres (Mendoza). Par mesure de sécurité et de protection de l'environnement, ce parc n'est accessible qu'aux porteurs d'une autorisation individuelle, qu'on obtient en ligne. Son prix doit toutefois être réglé sur place (200 USD). Le permis a une validité limitée dans le temps.
Moins contraignant : deux minuscules stations vous offrent les joies du ski, sans aucun conifère en vue, entre juin et début septembre, à Puente del Inca et à Penitentes, à la hauteur de Mendoza. Plus au sud, du côté de Malargüe, vous attend l'immense station de Las Leñas (65 km de pistes de ski et de snowboard).

Pour sa part, San Luis a conçu quatre routes littéraires pour vous faire connaître une vingtaine d'écrivains puntanos* ainsi que des chemins de foi (caminos de fe) qui relient les principaux sanctuaires populaires et vous initient à la spiritualité huarpe.

* Parmi ces écrivains natifs de San Luis, Elena Berta Vidal de Battini (1900-1984) qui consacra à la tradition orale du pays une somme de dix volumes dans laquelle Denise Anne Clavilier a puisé la matière de ses Contes animaliers d'Argentine (Ed. du Jasmin).

 

Le Nord-ouest à voir et à vivre

Le Nord-ouest (Noroeste) rassemble les provinces de La Rioja, Catamarca, Tucumán, Salta, Jujuy, Santiago del Estero, Chaco et Formosa.
Le Noroeste, c'est le berceau de l'Argentine : en 1550, à El Barco, actuellement en province de Santiago, les premiers Espagnols s'implantèrent dans cette terre indienne qu'ils baptisèrent El Tucumán. En 1566, le roi d'Espagne l'éleva à la dignité de gouvernorat et quatre ans plus tard l'Eglise y créait le premier diocèse de la région. Il faudra encore attendre dix ans pour que Juan de Garay fonde Buenos Aires. Pour la longueur de cette histoire, les révolutionnaires argentins voulurent que le Congrès constituant se réunît à San Miguel de Tucumán. Dans une maison devenue musée, l'indépendance des Provinces Unies du Sud y fut proclamée le 9 juillet 1816.
L'est de la région, baptisé el Chaco par les Espagnols, reste marqué par un siècle et demi de proximité avec des chrétiens pacifiques : les missions jésuites (1625-1767) couvraient en effet le nord de l'Uruguay, le Littoral, tout le Paraguay, le sud de la Bolivie et bordaient les actuelles Formosa et Chaco. Le Noroeste marie donc les héritages du Tucumán et du Chaco et se partage entre deux musiques : à l'ouest, dans les Andes, la chacarera et à l'est, dans le grand Chaco semi-désertique, le chamamé, que nous retrouverons aussi dans le Litoral argentin.

Une histoire des plus riches

Avec le Litoral, le Noroeste reste la plus indienne des régions du pays, avec, entre autres, les 40.000 membres de la communauté Qom, la plus importante des trente ethnies survivantes. Le Qhapaq Ñan, route impériale de l'Inca, y passe, dans la cordillère. C'est dans el Tucumán qu'a éclaté la dernière révolte armée amérindienne contre le pouvoir espagnol, sous la conduite d'un descendant de l'Inca, le colonel de l'armée royale don José Gabriel Condorcanqui (1737-1781), qui entreprit la lutte sous son nom ancestral et dynastique, Tupac Amaru. La révolte fut réprimée dans le sang.
A la même époque, le gouverneur don Jerónimo Matorras (1720-1775), lointain parent de San Martín, mettait fin, à travers une campagne pacificatrice des plus ambigües, à la résistance des tribus équestres du Chaco. Trente ans plus tard, c'est dans ce grand nord argentin que le général Manuel Belgrano (1770-1820) allait tenir tête triomphalement aux armées du vice-roi de Lima, avant de concéder trois cruelles défaites qui lui valurent d'être remplacé, en 1814, par José de San Martín (1778-1850). Là aussi, enfin, que s'illustra la résistance paysanne indépendantiste autour d'un général de Salta, Martín Miguel de Güemes (1785-1821) : elle est restée dans l'histoire sous le nom de Guerra Gaucha et elle inspire encore et toujours des artistes de toutes disciplines.

Une tradition gastronomique généreuse

Le Noroeste est le royaume du locro, un ragoût paysan de haricots et de maïs agrémenté de viande, qu'on déguste aux fêtes nationales, les 25 mai, 20 juin, 9 juillet et 17 août, et de l'empanada, chausson farçi, au bœuf, au poulet, à la purée de maïs, au fromage ou aux légumes. A chaque province, sa recette : empanada tucumana, jujeña, salteña, santiagüeña, riojariana... Servies chaudes et arrosées de vin rouge ou de bière, elles constituent un déjeuner roboratif. A Salta, Jujuy, Catamarca et Tucumán, on vous proposera aussi des tamales argentines. La région produit de savoureuses petites pommes de terre typiques des hauts-plateaux andins, du sucre, du maïs jaune ou blanc, de l'huile d'olive ainsi que du vin dans des domaines situés en très haute altitute.
Il est donc logique que l'on trouve dans le Noroeste plusieurs routes ou fêtes gastronomiques : vin à Salta, à Tucumán, à Catamarca, empanada à Tucumán, coing et maïs à Catamarca, agrumes à Fomosa...

Des fêtes locales pleines de couleurs

  • Fiesta nacional e internacional del Poncho, à San Fernando del Valle (Catamarca) : une semaine de musique, de danse, de tissage artisanal et même un marathon (mais pas de raton-laveur, n'en déplaise à Jacques Prévert). La fête rassemble un demi-million de visiteurs de tout le pays à la mi-juillet, pendant les vacances d'hiver.
  • Inti Raymi, à Santa María (Catamarca), sur le site archéologique Fuerte Quemado (le fort brûlé). C'est la fête du soleil qui fait revivre l'héritage culturel inca mêlé aux rites catholiques, tous les mois de juin, à partir du solciste d'hiver
  • Fiesta Nacional del Pomelo à Laguna Blanca (Formosa) pendant un long week-end à la mi-juillet : un festival de musique, de danse et de gastronomie, avec une participation appréciable des communautés wichis provinciales et la forte présence du chamamé. Malgré le caractère très reculé de Formosa, chaque édition attire environ 100.000 participants. En octobre, pendant trois jours, la province organise aussi Frutar, le Salon de la FRUTiculture ARgentine sur les rives du Río Paraguay, avec spectacles pour toute la famille et dégustations à volonté.
  • Fiesta Nacional de la Empanada, à Famaillá (Tucumán) où gastronomie et musique se marient pendant un long week-end à la mi-septembre. A l'issue de la fête, on élit une championne de l'empanada, toujours une femme, celle qui aura confectionné les meilleurs chaussons de la fête (Tucumán propose aussi une Ruta de la Empanada à laquelle participent une cinquantaine d'artisans, entre San Miguel, Famaillá et Yerba Buena)
  • Carnaval de la Quebrada de Humahuaca, à Tilcará (Jujuy), juste avant le carême : cette fête aux couleurs somptueuses est le fruit du syncrétisme entre tradition catholique espagnole et culte améridien de la Pachamama, la terre-mère, qu'honorent toujours les Amérindiens, même baptisés. Avec ses cinq cents ans d'existence, c'est le plus ancien carnaval du pays. Les cortèges se déploient en chantant, en tambourinant et en dansant dans les rues de Tilcará et, à pied et à cheval, dans les reliefs sauvages des alentours. Le Gran Carnaval se déroule du jeudi au mardi gras et le Carnaval Chico du mercredi des cendres au premier dimanche de carême (dates mobiles, consultez votre calendrier).

Des paysages à couper le souffle

A Jujuy : la Quebrada de Humahuaca, longue gorge du Río Grande, qui recèle, entre autres merveilles, le Mont aux Sept Couleurs (Cerro de los Siete Colores), à Purmamarca, et à Tilcará, les impressionnants vestiges de Pucará, vaste forteresse précolombienne inscrite aux monuments historiques nationaux.

A Salta : le centre historique de la capitale, son cabildo colonial intact, sa cathédrale barroque et le souvenir de la fameuse bataille de Salta, le 20 février 1813, une victoire de Belgrano fêtée tous les ans, avec défilés en costumes d'époque et reconstitution. De tous côtés, vous rencontrerez aussi le souvenir du général Martín Miguel de Güemes, héros de l'indépendance puis du courant fédéral au début de la guerre civile argentine (1820-1853).
Orán et Tartagal sont deux autres villes coloniales du plus grand intérêt.
Dans la Puna (dite aussi Alti-Plano), vous pourrez admirer le paysage le jour et vous livrer à l'observation astronomique la nuit.
Dans la Quebrada de las Conchas, à parcourir à pied, à cheval ou en vélo tout terrain (le sol est sablonneux), vous admirerez de somptueuses structures géologiques rougeoyantes. La province se partage entre déserts et forêts subtropicales. Salta produit du vinCafayate), du tabac, du coton, de la canne à sucre, des bananes, des ananas, des noix de coco, du quinoa, des pommes de terre très goûteuses, un peu de cacao ainsi que des pamplemousses, entre autres fruits et légumes. L'élevage se partage entre bovins, caprins et vigognes, un camélidé de petite taille réputé pour sa laine. Dans le parc naturel Los Cardones, faites l'expérience du désert et des cactus géants (ce sont eux, les cardones dont le parc porte le nom). On y a découvert et préservé des traces de dinosaures et des peintures rupestres.
Salta est l'une des rares provinces qui ait déjà développé des circuits touristiques d'économie durable, rurale et communautaire dans la Valle Calchaquí avec des coopératives artisanales et agricoles, des hôtelleries traditionnelles et des refuges où sont soignés des animaux maltraités. Possibilité de trekking, de randonnées équestres, cyclisme de montagne et rencontres culturelles avec les montagnards.

A Tucumán : la capitale, San Miguel, affiche son rôle dans l'histoire nationale grâce à la Casa Histórica, grosse demeure patricienne qui accueillit l'assemblée indépendantiste de 1816 (Congreso de Tucumán), à sa cathédrale barroque et à ses deux élégantes basiliques, au souvenir de l'un de ses prestigieux fils, l'écrivain, musicien et juriste Juan Bautista Alberdi (1810-1884) qui imagina la constitution de 1853 en s'inspirant tout à la fois des Etats-Unis et des pays latins d'Europe. Sa constitution est la première que le pays adopta et, moyennant de petites modifications, elle est toujours en vigueur. D'autres titres de gloire de San Miguel, comme capitale provinciale, sont le souvenir de l'auteur-compositrice interprète, Mercedes Sosa (1935-2009), l'une des plus grandes voix du folklore du Noroeste, et de plusieurs grandes figures de l'Argentine, comme les présidents Nicolás Avellaneda (1834-1885) et Julio Argentino Roca (1843-1914) ou l'écrivain Tomás Eloy Martínez (1934-2010), pour ne citer que ces trois-là.
Aux alentours, car la province est petite, on trouve le Cristo Bendicente, colosse dressé en haut du Cerro San Javier : la population locale s'y réunit à la Semaine Sainte pour revivre la Passion (du jeudi au samedi). Au pied du mont Alto del Rey, se trouvent les ruines des Quilmes, trente hectares d'une ancienne cité en pierre sèche bâtie par ce peuple américain au début du VIIIe siècle avant notre ère. Découverts en 1897, ces émouvants vestiges ont été restaurés en 1978. Selon les sources espagnoles, la nation quilmes avait déjà disparu en 1716, après les rudes combats que les conquérants avaient menés contre elles au siècle précédent.
La montagne de Tucumán est parfois couverte d'une forêt subtropicale qui abrite encore de nos jours jaguars, pumas, renards et diverses espèces de cervidés. Dans les zones plus arides, subsistent, difficilement, quatre taxons de la famille des camélidés d'Amérique : lama, vigogne, alpaga et guanaco, ce dernier étant plus répandu au sud, dans les montagnes de Mendoza, où il vit en grosses hardes dans la pré-cordillère (cf. Cuyo). En voie d'extinction à Tucumán, ces animaux sont protégés.
La petite province propose une route du vin, sur laquelle vous vous arrêterez sur le seul domaine aborigène qui propose le premier vin indien (bio, cela va sans dire). Il s'agit du domaine d'Amaicha, riche de ces 35 hectares de vigne, aux mains d'une communauté propriétaire-récoltante qui maintient ses institutions coutumières, celles de l'ethnie Diaguita. Tucumán propose aussi une route de l'artisanat qui vous fera découvrir de majestueux ponchos et les instruments de musique qui font sa réputation.
La province investit beaucoup dans le tourisme et propose donc une large gamme d'activités et de parcours.

A Catamarca : la capitale provinciale, San Fernando del Valle, et sa cathédrale néo-classique à la façade rose et aux coupoles bleues, sont le centre d'un intense culte à la Vierge Marie, qui remonte à ce jour de 1619 ou de 1620 où un Indien du cru découvrit, de manière inexplicable, une statuette de Vierge au visage bistre dans une grotte des montagnes environnantes. La Virgen del Valle est la sainte patronne de la Province et du tourisme national. Un circuit thématique relie la cathédrale, la grotte, l'ermitage et le musée qui expose les nombreuses mantes offertes à la Vierge pour sa statue. Deux grands rendez-vous dans l'année : les deux semaines qui suivent Pâques et l'Immaculée Conception (8 décembre), précédée d'une neuvaine (novena), fervente et spectaculaire. Tous les ans, le premier dimanche de la Novena, les Gauchos de la Virgen, environ 14 000 fidèles tous les ans, arrivent, à cheval, de partout, pour participer à la Misa gaucha.
L'artisanat vous branche ? A San Fernando même, visitez la Fabrique artisanale de tapis (Fábrica Artesanal de Alfombras), le Gobelin de l'Argentine. Cette manufacture-école, sur métier de haute-lisse, cultive et développe une tradition artisanale féminine millénaire. On dit que la qualité de ce travail vaut celle des tapis persans !
L'aventure de la glisse vous chante ? Essayez le sandboard dans les sables fins d'un blanc immaculé qui forme les dunes de Tatón, à 92 km de la ville de Tinogasta. Des paysages inoubliables à 2.000 m. d'altitude. Les Argentins en parlent comme du paradis de la cordillère.
A Catamarca, on honore encore aujourd'hui deux figures historiques antinomiques, le président Nicolás Avellaneda, qui en fut l'un des gouverneurs unitaires (cf. Tucumán), et le caudillo fédéraliste, Felipe Varela (1821-1870).
D'octobre à avril, dans l'ouest de la province, les sportifs aguerris (et seulement eux) pourront aller à la découverte des sept volcans catamarquègnes, à 6 000 m. minimum d'altitude, entre déserts et salines... (en Argentine, la cordillère recèle 29 volcans en activité).

A Formosa : son nom, et c'est déjà tout un programme, vient du vieil espagnol fermosa, belle (forme actuelle : hermosa).
Formosa se distingue des autres provinces argentines en accueillant dans sa capitale provinciale la rencontre de tous les peuples aborigènes d'Amérique, tous les 19 avril. C'est une province où vivent trois nations précolombiennes : Wichis, Qoms (souvent appelés Tobas), et Pilagás. Ces communautés, rassemblées parfois en villages entiers, dirigés par un cacique (chef coutumier), vivent surtout d'artisanat. Leur céramique est particulièrement renommée. Hélas, des tensions politiques les opposent fréquemment au gouvernement provincial (qui n'a pas connu d'alternance depuis 1995).
Ses paysages entre terre et eau, sa faune et sa flore font de Formosa l'une des plus belles provinces pour un amoureux de la nature. Elle est l'une des rares à avoir déjà développé une politique d'écotourisme, en plus de quatre circuits classiques (nord, sud, est, ouest). 600 espèces d'oiseaux sont répertoriées dans ces contrées ainsi que des spécimens de quadrupèdes protégés (dont quelques félins). Trois grandes rivières aux eaux paresseuses y lézardent : le Río Pilcomayo qui traverse une magnifique réserve naturelle, le Bermejo et le Río Paraguay, qui sert de frontière nord avec le pays homonyme. On peut les longer, en 4x4, à cheval ou en vélo tout terrain. On peut aussi y pratiquer toutes sortes de sports nautiques : rame, pagaie, voile, glisse aquatique. La pêche sportive est autorisée sur les trois rivières et le poisson est comestible.
A noter : il convient de se montrer souple sur le contenu du programme en acceptant les aléas, car ces cours d'eau peuvent entrer en crue en toute saison.
Formosa, qui s'est elle-même baptisée el Imperio del Verde (l'empire du vert), se partage entre trois paysages : le Chaco Húmedo, avec ses marais, ses lagunes et sa végétation les pieds dans l'eau, le Chaco Central, où règne la savane, qui abrite plusieurs parcs naturels, et le Chaco seco, couvert de forêts.

Quant aux provinces de Chaco et de Santiago del Estero, les plus pauvres du pays, elles ne songent pas guère pour l'heure à accueillir des touristes. Ces provinces sont, hélas, ravagées par la culture du soja. En Argentine, c'est une activité très polluante et particulièrement cynique. Le réchauffement climatique ajoute à ce triste tableau la fréquence grandissante des sécheresses et des incendies.

 

Le Litoral à voir et à vivre

En Argentine, on nomme Litoral, Mesopotamia ou Noreste la langue de terre qui pointe vers le nord et rassemble les provinces d'Entre-Ríos, Corrientes et Misiones. Cette zone est ce que l'Argentine a conservé des anciennes missions concédées par le roi d'Espagne aux jésuites, de 1609 à 1767, pour y annoncer l'Evangile aux Indiens. C'était le seul lieu où ces derniers pouvaient échapper au servage qui leur était imposé dans le reste du continent. Entre-Ríos, Corrientes et Misiones, ainsi que le nord de Santa Fe, partagent donc ce patrimoine où fusionnent les cultures européennes et m'byás (souvent dite guaranies). Le Litoral a deux symboles, le chamamé pour la musique et le mate pour la gastronomie, une boisson amère, qui s'est répandue dans tout le pays au XVIIe siècle. Elle doit son goût puissant à une plante, Ilex Paraguariensis, dont la culture fit la richesse des missions jésuites pendant tout le temps où elles existèrent.
Géographiquement, le Litoral s'inscrit entre le cours du Paraná, à l'ouest, et celui de l'Uruguay, qui, à l'est, marque la frontière avec l'Uruguay et le Brésil.

C'est en Mesopotamia que le Père de la Patrie, le général José de San Martín, a vu le jour, lui que nous avons déjà rencontré à Buenos Aires, dans les Pampas (San Lorenzo, Santa Fe), à Mendoza (Cuyo) et dans le Noroeste, à Tucumán... Yapeyú, dans le sud de la province de Corrientes, s'honore de l'avoir vu naître, le 25 février 1778. De sa ville natale, il ne reste que des ruines, autour desquelles on a bâti de pieux musées : Yapeyú a été incendiée en 1817 par les Brésiliens pendant les révolutions indépendantistes.

Pour flatter nos oreilles (et nos yeux aussi)

  • Le carnaval de Gualeguaychú (Entre Ríos), sur la rive du Río Uruguay, un carnaval qui dure tout l'été ou presque, l'un des plus connus du pays. La ville est aussi célèbre pour le pont Libertador General San Martín, qui franchit les 5.365 mètres de largeur du Río Uruguay afin de relier l'Argentine à la République orientale de l'Uruguay.
  • La Fiesta Nacional del Chamamé, à Corrientes, dans la capitale et sa banlieue, en janvier : dix jours de concerts, conférences, ateliers, démonstrations, expositions, documentaires, récitals... Il y a quelques années, ce grand festival s'est ouvert aux pays voisins car le chamamé est commun à l'Argentine, au Paraguay, à l'Uruguay et à l'extrême-sud du Brésil : son territoire correspond exactement aux anciennes missions jésuites. Cette musique est d'ailleurs un pur produit du carrefour culturel qu'elles furent entre musique m'byá, musique baroque espagnole et allemande apportée par les jésuites, musique africaine, puisqu'il y eut paradoxalement des esclaves noirs sur ces terres dès 1640, et tradition juive, surtout sépharade, arrivée avec les migrants européens et levantins au début du XXe siècle. Les dix soirées de ce festival sont retransmises en direct sur la télévision nationale et sur Radio Folklórica (Radio Nacional). On peut accéder aux archives vidéos et audios sur les sites Internet des chaînes concernées.
  • Le mystère de la Semaine Sainte, à Posadas (Misiones) : Arcano del Viernes Santo. Ce spectacle liturgique évoque, à travers la musique, la danse, le théâtre et les jeux de lumière, tout à la fois la vie du Christ et le souvenir de l'évangélisation de la contrée. Une pure merveille de ferveur populaire. Comme la Semaine Sainte signifie aussi vacances d'automne dans toute l'Argentine, une foire artisanale se tient en même temps dans cette capitale située à l'extrême nord du pays.

Pour s'en mettre plein les yeux...

Du côté historique, deux grands hommes ont laissé leur marque dans la région. Le premier d'entre eux, vous le savez déjà, c'est José de San Martín : il faut aller en pèlerinage jusqu'à Yapeyú (Corrientes), sur la rive droite de l'Uruguay, et se recueillir près des restes de la maison natale. L'atmosphère du musée, construit par-dessus ces vestiges (el templete, le reliquaire), vous donnera la mesure du mythe qui est ici vénéré. Néanmoins, la grande fête à Yapeyú, ce n'est pas le 25 février, cela reste le 17 août, Día de San Martín à l'échelle nationale : c'est l'anniversaire de sa mort, survenue à Boulogne-sur-Mer, en France, ou, pour le dire comme les Argentins, celui de "son passage à l'immortalité" (paso a la inmortalidad).

Le second grand homme local, c'est Justo José de Urquiza (1801-1870), leader fédéral pendant la guerre civile, devenu le premier président de la République argentine après l'adoption de la constitution (1853). Plusieurs années plus tard, il fut gouverneur de la province d'Entre-Ríos, dont il était natif (Talar de Arroyo Largo, aujourd'hui Arroyo Urquiza). Son palais gouvernemental, Palacio San José, est un monument national (à Concepción del Uruguay). Dans la même ville, on trouve, entre autres monuments historiques, la maison où il vivait et la basilique de l'Immaculée Conception qui donne son nom à la ville...

En province de Corrientes et de Misiones, subsistent de nombreux vestiges des missions jésuites qui ont été détruites par des laïcs enragés, à la fin des années 1760, après l'expulsion de la Compagnie de Jésus, par jalousie ou par cupidité, parce qu'ils cherchaient le trésor des jésuites (comme d'autres continuent à croire au trésor des templiers). Depuis 1983, ces sites historiques sont l'un après l'autre inscrits au Patrimoine culturel de l'UNESCO.

La région est connue pour ses plages fluviales, notamment sur le cours de l'Uruguay, et tous les jeux et activités qui vont avec. De nombreux petits ports de plaisance ont été aménagés sur ces gros cours d'eau qui alimentent le gigantesque delta du Río de la Plata.

Comme partout ailleurs en Argentine, le Litoral se pare de plusieurs résrves naturelles. Les plus connues sont el Palmar de Entre-Ríos, consacré aux palmiers américains, dont l'abondant palmier yatay, les Marais d'Iberá (Corrientes), gigantesque réserve ornithologique et sanctuaire pour le caïman noir (yaguataré) et le jaguar qui y a été récemment réintroduit (on a même revu, en février 2016, un ocelot, pourtant réputé disparu depuis dix ans) et enfin, last but not least, le parc des chutes d'Iguazú (Misiones) aux confins entre Argentine, Brésil et Paraguay, le plus commercial de tous les parcs naturels argentins.

Particularité de la région : elle a accueilli plusieurs communautés juives azshkénazes qui y ont fondé des colonies agricoles, donnant naissance au stéréotype du gaucho judío qui a intégré le récit national grâce à la littérature et au cinéma. La province d'Entre-Ríos a mis en place une route des colonies juives.

Autre particularité, ses exploitations agricoles :
Entre-Ríos est le premier producteur national de riz, de mandarines et d'oranges et le deuxième de pamplemousses
Misiones et Corrientes sont les deux provinces argentines productrices de yerba mate. Elles occupent réciproquement le premier et le second rang et exportent partout dans le monde.

Pour se régaler

Impossible de passer dans la région sans découvrir ce fameux mate qui la rend si unique. Il s'agit ni plus ni moins que de l'infusion nationale. Dans sa forme actuelle, elle provient du métissage entre la tradition m'byá et l'agronomie européenne, que les jésuites appliquèrent dès leur installation à une plante locale vénérée par les Indiens, la yerba mate.
Il existe deux sortes de plantation : les grosses exploitations industrielles qui fournissent les marques les plus répandues, celles qu'on peut trouver même en Europe, et des petites coopératives aux pratiques artisanales et à l'agriculture biologique. La cueillette y est manuelle, le séchage puis le fumage des feuilles restent traditionnels tout comme la fermentation et le vieillissement. Comme pour un café, un thé ou un cacao, c'est le soin apporté à chaque étape de l'élaboration qui donnera au futur breuvage les arômes qu'il pourra développer. Une élaboration lente lui confèrera des parfums variés et de la longueur en bouche. On retrouvera donc une belle profondeur dans les yerbas produites par les petites coopératives artisanales. Quant aux procédés industriels, ils donnent une yerba d'un goût uniforme, sans autres caractéristiques que son amertume et son âcreté tannique et dont les seuls avantages sont son prix très abordable et sa disponibilité dans tous les commerces.
Il existe une Ruta de la Yerba Mate (RYM) qui permet de découvrir les secrets de cette boisson qui ne nous est pas familière mais qui décline sa personnalité en fonction des modes d'élaboration et de la matière du récipient (bois, céramique, coloquinte, fer blanc, corne, verre, etc...).
La RYM est une proposition turistico-culturelle complète, avec circuits, offres de logement en estancia, en gîte au milieu des marais d'Iberá, en hôtel, en bungalow, et découverte de la gastronomie locale, dans les restaurants participants et les ateliers de fabrication, notamment ceux de l'alfajor local, petit gâteau fourré au dulce de leche inventé sans doute dans les missions pour conserver les excédents de lait des grands troupeaux élevés par les Guaranis.

A Corrientes, l'orange est l'ingrédient-phase de la cuisine, qu'elle soit salée ou sucrée. La province produit en particulier une bigarade réputée, la naranja apepú, qu'on utilise dans le pain chipá (à base de maïs ou de manioc), la viande tressée et frite (le chicharrón) et les desserts (marmelade d'orange amère). Et avec son écorce séchée, on parfume aussi la yerba mate.
En octobre, sur la rive gauche du Río Paraná, Bella Vista consacre à ce fruit et ses nombreuses variétés quatre jours de musique, de danse, de conférences agronomiques, de dégustation, avec élection d'une Reina de la Naranja et, pour faire bonne mesure, on lui adjoint une Reinita del Azahar (jolie et sage fillette couronnée reinette de la fleur d'oranger).
Le chincharrón a lui aussi sa fête nationale à San Luis del Palmar (Corrientes).

Quant à la province d'Entre-Ríos, à Paraná, elle propose au début du mois de février le Festival del Asado con cuero : la bête entière, fraîchement abattue, est cuite au feu de bois dans son cuir. C'est, paraît-il, un mode de cuisson insurpassable pour donner du moelleux à la viande puisqu'elle conserve ainsi tout son gras qui a toute la durée de la cuisson pour imprégner la chair. Et festival dans le festival, un espace y est consacré au... mate.

 

Nous voici à présent parvenus au bout de notre tour virtuel de l'Argentine.
Vous en avez désormais une image raisonnablement représentative.
Il ne vous manque plus que de faire votre choix.

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En Argentine, nous disposons d'une gamme complète de logements, depuis les hôtels luxueux destinés aux touristes de l'hémisphère nord et aux délégations officielles étrangères jusqu'à des établissements proches de la vie quotidienne, où vous croiserez la classe moyenne argentine, elle aussi en vadrouille (le tourisme intérieur est très développé).
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Le coût de la nourriture est très raisonnable, pour autant que vous mangiez comme les Argentins et avec les Argentins.
Si vous préférez rester dans l'univers conçu pour les touristes, sachez que le secteur accorde une grande place à de multiples intermédiaires locaux. C'est à ce circuit long et pyramidal que l'Argentine doit sa réputation de destination touristique hors de prix.

Santé : pour voyager pendant l'été austral, le vaccin contre la fièvre jaune est fortement recommandé (hors Patagonie). Dès que le vaccin antipaludique sera disponible, la médecine tropicale le recommandera pour le nord de l'Argentine. D'ici là, moustiquaire et répulsifs.
Pour un voyage en hiver, il est recommandé de se faire vacciner contre la grippe, pendant la campagne de vaccination de l'hémisphère nord, à l'automne précédent votre départ (ça vous évitera de tomber malade alors que vous vous croirez au printemps ou en été).

 

Denise Anne Clavilier, notre experte de l'Argentine, tient un blog quotidien sur l'actualité culturelle du pays. Sa lecture vous donnera peut-être d'autres idées : www.barrio-de-tango.blogspot.com.
Elle a aussi publié plusieurs livres sur ce pays qu'elle aime et qui le lui rend bien.
Elle est académicienne correspondante en France de l'Academia Nacional del Tango de la República Argentina et de l'Academia Sanmartiniana (Instituto Nacional Sanmartiniano). Plus d'informations : www.denise-anne-clavilier.fr

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